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  • Arnaud Marec - (R)evolutio

Transition écologique, changement climatique: pourquoi votre entreprise doit vraiment s'y intéresser

Mis à jour : 27 juil. 2020

Les questions dites "énergie /climat" sont au coeur de nombreux enjeux de notre siècle. En effet, depuis plusieurs décennies, des scientifiques toujours plus nombreux tirent la sonnette d'alarme : le climat se réchauffe, notamment à cause des activités humaines. Et la consommation de ressources non renouvelables (le pétrole en premier lieu, clé de voute de notre économie) est trop importante pour être soutenable à moyen terme. Une transition dite "écologique" est donc nécessaire : elle se fera de gré (si nous décidons collectivement de faire face dès maintenant aux défis climatiques et énergétiques) ou de force (si nous ne faisons rien aujourd'hui et que l'enchainement probable des difficultés liées aux perturbations climatiques et énergétiques nous "contraignent" à nous adapter au dernier moment).


Il est donc crucial pour votre entreprise d'appréhender dès maintenant les grands enjeux liés au changement climatique et à la transition systémique à engager. Car plus la prise de conscience sera "précoce", plus vous pourrez adapter votre modèle économique à la nouvelle donne à venir qui, vous allez le voir, est plutôt complexe...

Les limites à la croissance sont connues depuis les années 70

Les énergies fossiles, "sang" de notre civilisation thermo-industrielle


Les révolutions industrielles vécues par notre monde ont profondément transformé toutes les sociétés - et toutes les économies - du globe. Si pendant des milliers d'années, les niveaux de vie autour de la planète ont relativement peu évolué, et la "croissance économique" est restée extrêmement faible en tendance longue, tout à changer avec la découverte - et l'utilisation - des énergies fossiles.


"Concentrés" de puissance, charbon, gaz mais surtout pétrole ont permis d'animer des millions de machines qui ont radicalement fait changer d'ère l'humanité toute entière. En effet, là où les énergies renouvelables et la "force" humaine étaient les seuls moteurs du développement pendant des millénaires, l'utilisation des énergies fossiles a permis de multiplier la productivité de l'Homme dans des proportions inouïes ... en l'espace d'un siècle seulement. Depuis les 30 Glorieuses, c'est même tout le système économique mondial qui s'est peu à peu organisé grâce à (et autour de) l'utilisation des énergies fossiles.


Prenons par exemple le cas de la mondialisation marchande : elle est fondamentalement basée sur la multiplication exponentielle de moyens de transports variés permettant de faire passer matières premières, matières transformées, produits finis etc. d'un point A à un point B, C ou D. En ce sens, le pétrole est clairement le sang de la mondialisation : sans lui, la fameuse "libre circulation des biens, des services et des personnes" serait - non pas nulle - mais bien moins importante (rappelons nous la difficulté des grands voyages d'il y a quelques siècles - et du cout associé des produits rapportés, par exemple des Indes lointaines !).


Au delà de cet exemple, il est important de réaliser que c'est notre vision même de l'économie qui est aujourd'hui tronquée. En effet, si nous avons appris que la croissance économique était fonction de l'apport en capital, en travail et en progrès technique, force est de constater qu'il manque clairement le paramètre "énergie" dans l'équation. Car il est clair que l'activité économique n'est autre que de la transformation (en général d'un matériau A en produit B)... et que cette transformation nécessite des machines, elles-mêmes consommatrices de sources d'énergies comme le charbon, le gaz ou le pétrole.

Or, l'énergie est absente de l'équation économique... alors qu'elle en est le paramètre essentiel... et le facteur limitant le plus crucial. En outre, cela signifie fondamentalement qu'il ne peut y avoir de croissance économique forte sans forte croissance de consommation d'énergie fossiles. Cette décorrélation n'existe pas (ou dans des proportions très faibles). Et la moindre disponibilité en énergies facilement accessibles (et à coût modéré) est une raison majeure (si ce n'est la raison principale) à l'arrêt de la croissance économique de notre système thermo-industriel depuis un peu plus d'une décennie.


L'ère de l'Anthropocène : les défis combinés du pic pétrolier, du changement climatique et des externalités négatives à la croissance


L'usage intensif des énergies fossiles ces dernières décennies a donc engendré une croissance économique mondiale comme jamais connue dans l'histoire de l'humanité. Cette croissance exponentielle de l'économie a également engendré son corollaire d'autres croissances exponentielles : population, utilisation des ressources terrestres et marines, production de tous types de matériaux, génération de déchets etc.


Tout le système Terre est aujourd'hui sous pression de la croissance exponentielle de nombreux indicateurs
Le monde subit la "loi de l'exponentielle", notamment de la croissance économique

Il est courant aujourd'hui de dire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l'ère de l'Anthropocène, c'est à dire une ère où l'humanité a atteint un tel niveau de "puissance" qu'elle est capable d'avoir un impact significatif sur le système Terre, son évolution, et donc son avenir. C'est par exemple le sens du "jour du dépassement", ce jour de l'année où l'humanité consomme plus de ressources que ce que l'écosystème terrestre est capable de produire : notre civilisation thermo-industrielle vit aujourd'hui à crédit, consommant dans des quantités jamais égalées des ressources non renouvelables (comme les énergies fossiles), au prix d'externalités négatives de plus en plus difficiles à gérer par nos sociétés... et notre planète (c'est le cas par exemple des déchets plastiques).


En outre, l'Homme devra faire face à 2 défis immenses qui vont considérablement impacter nos sociétés dans les décennies et siècles à venir :

  • La consommation d'énergie fossiles va atteindre - voire à déjà atteint - un pic de consommation. C'est le fameux "pic pétrolier", ce moment où il n'est plus possible d'extraire plus de barils que les années précédentes. Souvent caractérisé par un plateau de production, ce pic va lentement se transformer en une "décroissance" lente et régulière de la production... tout simplement car les limites physiques de ces matières premières non renouvelables (à échelle humaine) ne permettront pas d'aller chercher toujours plus de quantité d'énergie pour soutenir la croissance économique... mais aussi permettre à nos sociétés de poursuivre son mode de vie actuel

  • Le changement climatique d'origine anthropique fait aujourd'hui consensus auprès d'une immense communauté scientifique, et atteint déjà +1°C depuis l'ère pré-industrielle. Si les modélisations varient et dépendent de multiples facteurs, les scenarii du GIEC les plu pessimistes annoncent une hausse de la température moyenne sur Terre pouvant dépasser les +5°C d'ici 2100, ce qui signifie tout simplement un changement d'ère géologique comme la planète en a connu avec la fin de l'ère glaciaire (environ 5°C de moins en moyenne à l'échelle du globe)... qui s'est déroulée sur plusieurs milliers d'années ! Notre civilisation thermo-industrielle émet bien trop de gaz à effet de serre pour permettre à l'humanité de vivre dans un monde soutenable à moyenne échéance (dès 2050). Et si rien n'est fait pour limiter les émissions rapidement, la normalité du monde tel que nous le connaissons ne sera plus qu'un lointain souvenir en 2100 (le tout dans un contexte de pénurie d'énergies fossiles liées au pic pétrolier, énergies fossiles qui manqueront cruellement pour l'adaptation de nos sociétés à un monde devenu largement plus hostile...)

Pic pétrolier (et, au delà, pic d'énergies fossiles voire de très nombreux matériaux clés pour nos sociétés) et dérèglement climatique doivent donc pousser toutes les composantes de nos sociétés - pouvoir politique, milieux économiques, groupes de citoyens - dans une seule voie : celle du changement de paradigme de notre monde.


Du changement subi au changement choisi : s'adapter à une nouvelle donne


On le sait : la résistance au changement est un phénomène naturel et répandu, voire systématique quand un groupe est confronté à une transformation, et notamment une transformation majeure. Nous sommes conditionnés pour apprécier le cadre rassurant des routines et des habitudes... tout en appréciant les changements quand nous avons le sentiment d'en être maitres et qu'ils nous apportent des bénéfices réels et si possibles rapides.

Or, l'avenir qui se dessine pour l'humanité parait complexe puisque le pic pétrolier et le dérèglement climatique s'apparentent bien plus à un changement massif, subi et très négatif qu'à une transformation vers plus de confort et de progrès...

Il n'est donc pas anormal de sentir une certaine forme de résistance de nos sociétés face aux adaptations indispensables devant cette nouvelle donne à venir. En effet, l'humanité doit envisager de s'adapter à ces changements, et ces adaptations doivent être de 2 ordres :

  • Adaptation aux impacts liés à ces changements : que nous le voulions ou non (car il s'agit de contraintes physiques, dont les lois ne dépendent pas de notre bon-vouloir), le pic pétrolier et le dérèglement climatique auront lieu. Selon des temps et des amplitudes différents selon les décisions d'action que nous prendront, mais ils auront lieu. Cela signifie que Etats, individus et entreprises peuvent dès maintenant se préparer à vivre dans un monde où l'énergie sera moins abondante et où le climat sera source d'évènements plus violents et en plus grand nombre. Point important : compte-tenu de l'inertie du système Terre, même si nous cessions d'émettre des gaz à effet de serre aujourd'hui, nous devrons quand même faire face à un dérèglement climatique qui supposerait une adaptation significative de nos modèles de société.

  • Adaptation à la nécessaire Transition vers un monde plus sobre en carbone : de nombreux pays, lors de la COP 21 à Paris, ont pris des engagements forts pour limiter la hausse des température dans le monde. Ce qui signifie que nous avons, collectivement, pris des engagements pour limiter les émissions de CO2 (tout particulièrement) et donc de transformer notre système économique et social dans ce but. Si nous sommes aujourd'hui assez loin du compte (les trajectoires de la plupart des pays ne sont pas à la hauteur des engagements pris), force est de constater que des dynamiques sont tout de même à l'oeuvre pour tendre vers une forme de Transition. Cette Transition doit amener l'humanité vers un mode de vie plus durable, plus pérenne et donc moins consommateurs en matières premières.

Le choix est donc clair : soit les différents acteurs de nos sociétés attendent d'être au pied du mur, et l'adaptation sera un défi immense car nos émissions de gaz à effet de serre notamment auront engendré un problème d'une ampleur difficilement surmontable (notamment dans un contexte de pic pétrolier). Soit les Etats, les entreprises et les citoyens décident, chacun à leur échelle, d'organiser dès maintenant l'adaptation à double niveau évoquée plus haut, et il est alors envisageable d'imaginer un futur désirable pour nous, nos enfants et nos petits-enfants...


Face à ces changements, un défi immense pour les entreprises... et des choix cornéliens


Comme évoqué plus haut, ce sont toutes les composantes de nos sociétés qui doivent aujourd'hui se lancer dans ce grand défi du changement de modèle de notre civilisation industrielle. Les entreprises, notamment, ne pourront pas y échapper... et se réfugier dans le status-quo ne fera que repousser l'échéance, tout en augmentant la difficulté (et l'ampleur) de l'adaptation nécessaire.


Soyons clairs : les changements à apporter au systèmes économique sont immenses et seront, pour certains secteurs, particulièrement douloureux. Je pense notamment aux secteurs les plus consommateurs de ressources fossiles ou les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Or, rien n'est plus difficile que de penser "sa propre fin". C'est pourtant ce dont on parle : de nombreuses activités vont devoir être repensées, des chaines de valeur entières vont devoir être transformées, des secteurs établis de longue date vont devoir largement pivoter, voire s'éteindre. Dans un paradigme de croissance "perpétuelle" comme celui que nous connaissons depuis plusieurs décennies, cela parait difficilement pensable, sauf quand il s'agit de "destruction créatrice" schumpéterienne source d'innovation (et donc de relais de croissance). Ici, nous parlons bien de nouvelle donne où sobriété et résilience sont au coeur du nouveau modèle économique.


Est-ce à dire qu'il n'y a aucune perspective positive à envisager ? Nous sommes convaincus au contraire que, comme toujours, ces grands défis ouvrent la porte à de grandes opportunités. Ces opportunités ne se traduiront certainement pas en forte croissance de consommation (et donc d'émissions de gaz à effet de serre), mais induisent tout de même des perspectives économiques positives, tout en ayant du sens pour ceux qui en seront les acteurs. C'est le sens du concept de "redirection écologique" qui suppose de repenser les business models des entreprises pour qu'ils soient en phase avec les impératifs de Transition évoqués plus haut. Cette redirection est un impératif à la fois moral mais aussi économique : les entreprises qui auront pris en premier le virage de la Transition seront celles qui sortiront gagnantes de la nouvelle donne qui va de toute façon s'imposer à nous tous... Et s'il est effectivement souvent difficile à court terme d'être le premier à changer - car on fait face immanquablement aux difficultés inhérentes à l'incertitude et à l'inertie du système dans lequel on évolue - il est souvent très rémunérateur d'avoir été dans le wagon de tête quand le monde évolue dans le sens que l'on avait anticipé. Or, aujourd'hui, il n'y a aujourd'hui aucun doute sur la manière dont le monde va se transformer : la seule incertitude tient à l'ampleur du changement et à la violence de ses impacts.


Les grandes étapes de l'adaptation des entreprises à ces changements


Prendre le chemin de cette Transition, c'est donc engager votre entreprise sur la voie de l'adaptation au monde du pic pétrolier et du dérèglement climatique. Pas forcément le tableau le plus stimulant pour engager vos équipes, à tous les niveaux de votre organisation. C'est pourquoi nous vous proposons une action en plusieurs étapes :

  • Commencez par sensibiliser vos collaborateurs aux enjeux énergie-climat : un outil comme La Fresque du Climat, déployée par un animateur qualifié, est un excellent outil pour donner toutes les bases et expliciter les enjeux au plus grand nombre

  • Projetez ensuite vos équipes vers un futur souhaitable et désirable : il est crucial de créer rapidement une dynamique positive afin de fédérer toute l'organisation vers des objectifs positifs, de nature à pousser les énergies de chacun vers un but partagé. Un outil comme La Fresque de la Renaissance Ecologique est tout à fait adapté à cet objectif.

  • Enfin, initiez des actions d'analyse de votre chaine de valeur, afin d'organiser la redirection de tout ou partie de votre business model dans une direction plus soutenable.

Au sein de (r)evolutio, nous pouvons vous accompagner sur chacune de ces étapes et être le catalyseur du changement au sein de votre entreprise.


Contactez nous pour en savoir plus !




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